Poussée par son sponsor Elf qui veut l’orienter vers la piste, la prometteuse pilote de Grasse est accueillie au Paul-Ricard par l’École Winfield en 1976 pour une initiation à la monoplace. Si l’expérience est enrichissante, elle la confortera dans sa décision de poursuivre en rallye.
Après des débuts remarqués en rallye sur une Alpine Berlinette A110 privée, Michèle Mouton est rapidement repérée par Elf. Les succès s’enchainent dès lors pour la vice-championne de France 1974 en Groupe 3 et championne de France féminine des rallyes en 1974 et 1975. La Grassoise est vraiment douée et François Guiter qui dirige la filière du célèbre pétrolier rêve de faire d’elle une championne en circuit.

Michèle Mouton (à droite) en 2021 lors du programme de sélection FIA Girls On Track – Rising Stars au Circuit Paul Ricard.
C’est ainsi qu’elle débarque à l’École Winfield du Paul-Ricard en 1976 pour s’initier à la monoplace, en présence de Didier Pironi qui s’illustre en F. Renault Europe et pour qui le patron de compétition a aussi de grands projets.
« C’était plus un stage de perfectionnement, se souvient Antoine Raffaëlli, alors moniteur en chef de l’école. Elle pensait qu’elle pouvait gagner du temps sur les freinages : elle levait trop et nous l’encouragions à garder plus longtemps le pied sur l’accélérateur et freiner plus tard ! Didier était très assidu à ses côtés, très pédagogue, mais au bout de dix tours, ça l’amusait déjà beaucoup moins. » Ce que confirme l’intéressée.
« Elf tenait beaucoup à me mettre aux circuits, et c’est la raison pour laquelle j’ai été envoyée au Castellet, badine Michèle en se remémorant l’expérience. Je n’ai pas participé à la sélection proprement dite mais effectué un stage. Les enseignements de Didier n’ont pas été vains, mais j’ai surtout compris à cette occasion que tourner en rond n’était pas pour moi. »
Pour 1977, François Guiter oublie alors la piste pour sa protégée, et propulse Michèle et sa coéquipière Françoise Conconi sur les routes du championnat d’Europe des rallyes sur une Porsche, puis une Fiat. Celles du championnat du monde suivront plus tard, avec Audi. La suite appartient à l’Histoire : elle s’imposera à quatre reprises en WRC, la plaçant parmi l’élite du rallye mondial.
« En fait, la piste n’était pas son truc, mais quel contrôle de voiture… », conclut Antoine Raffaëlli, encore épaté.
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